Chez nous !

Championnats de France de cache-cache

Non. C’est comme ça, on en parle quand même. Et ça ne sert à rien de faire un caprice, même un gros comme à l’époque où il fallait faire un bisou à Tatie Suzane alors qu’elle sentait comme la couche du petit Enzo qui gambadait joyeusement dans les travées de mes courses hebdomadaires (vue la tendance actuelle, le fiston pourait tout aussi bien être encore empreint des relents de la personalité des parents qui sent l’huitre avariée, faut bien ça pour se vautrer dans la mode des 4 lettres : « si le prénom fait plus de 4 lettres, on en change 4 pour étaler son originalité à la face du monde ». Pas étonnant qu’un gars ait essayé d’enlever la petite Bérényss, avec ces conneries… mais bref, je m’égare). Non, disais-je donc avant d’être interrompu par une mise en abyme pourtant fort pertinente à base de sac de merde. Je sais, ça fait tout bizarre de passer d’un événement à la portée historique pour son pays, à un événement à la portée… d’un week-end poussif de rentrée, mais vous saurez être forts. C’est pour votre bien , il reste encore 3 mois de spéculations sur les primaires à tenir avant d’entamer les 3 mois de spéculations sur l’élection avant d’entamer le mois de campagne qui compte : on perd des neurones maintenant pour survivre plus tard, Mithridate-style.

Les plus idéologues d’entre vous l’auront deviné, je parle bien sûr des Championnats de France de cache-cache, qui se tenaient ce week-end à la Baule, et auxquels participaient les élèves de grande section de l’école maternelle de La Droate (vous ne connaissez pas, c’est normal c’est dans les Deux-Sèvres).

Pourquoi cache-cache ? M’enfin c’est pourtant évident comme une mesure vraiment libérale au milieu du programmes des proclamés « ultra-libéraux » dont nous sommes affublés. Tout ce que le bord politique compte de nom vaguement connu aura défilé à un rythme martial pour lire une variation sur le thème de « votez pour moi, je suis le plus meilleur », le tout sans jamais se croiser. « Hasard des emplois du temps, hein, n’allez surtout pas croire qu’on s’évite, olalanon, hohoho », répondra le Parti à une source proche du dossier. C’est quand on les imagine devant leurs bureaux de grands, en train de recopier  avec une application malhabile, la perle de sueur aux pommettes témoignant de l’effort intellectuel, leur prénom sur la grosse gommette bleu avant d’aller la coller avec de la colle de grands, attention n’en mets pas sur tes doigts elle colle fort, sur le grand emplois du temps placardé au mur de la classe, c’est devant ce spectacle touchant qu’on se souvient qu’ils ne sont qu’en maternelle. Ca et la bataille de yahourt à la cantine dès qu’il y a un petit bout de poste ou de médiatisation en jeu. Je suis en tous cas sous le charme viril et musqué de leurs emplois du temps « c’est pas nous c’est tombé pif pouf comme ça, quelle chance », où un candidat « important » (les caïds de la cour de récré, ceux qui rackettent les choco BN et les militants quand les caméras regardent ailleurs) est minutieusement saupoudré entre chaque pause coke café… Si on remplace « café » par « pipe » et qu’on lit les noms avec un fort accent de l’Arkansas, on retombe sur celui de Monica Lewinski, c’est dire si ce fut long et dur à mettre en place.

Je vous passe les détails sur le contenu des discours en question, ça fait 3 mois qu’on n’entend que ça… Et comme pour draguer le même électorat, c’est compliqué de trop s’écarter des thématiques historiques du parti, on mesurera plutôt la qualité du candidat non plus à ses idées (c’est so 1958, ce concept…), mais à la fréquence à laquelle il agite son index pour montrer son dynamisme et sa fermeté durant son discours. Le double bang supersonique qui a marqué l’apogée de celui de Sarkozy aura d’ailleurs causé un mouvement de foule sur la plage de La Baule, le bilan povisoire est de trois blessés légers et cinquante-trois arrêtés anti-burkinis dans le département. De fait, en lieu et place de programme, ils ont tous vu le Spiderman de Sam Raimi et tentent tous avec la même incapacité crasse une variation lyrique sur le thème de « une grande responsabilité implique un grand programme, et pis c’est moi qu’ai la plus grosse [mesure] d’abord, et pis d’ailleurs lui il est copain avec le FN je l’ai vu copier sur Marine pendant la pâte à modeler ce matin, et pis en plus lui il est pas vraiment libéral parce que moi je suis vraiment libéral et je dis autre chose que lui (NdH : le mot « libéral » n’a pas la même acception en France et dans le reste du monde, chez nous tout le monde l’utilise et ce n’est jamais au bon moment, c’est très amusant), et même que ma maman elle a dit que c’était moi le plus meilleur et que ceux qui votent pour les autres eh bah ils sont bêtes. »

Astuce : en remplaçant « je suis vraiment libéral » par « j’incarne les vraies valeurs de la Gauche » et en ajoutant discrètement « Hein ? Mon programme ? Pas besoin : regardez ce bout de papier, c’est celui de la droite ultra-libérale qui va vendre votre âme au Medef en mangeant vos enfants, oui monsieur ayez peur, regardez ce papier bordel, la France aux mains de cette engeance, vous ne pouvez pas laisser faire ça, si vous ne votez pas pour moi c’est que vous voulez les chemises brunes et les bottent qui claquent ? Alors votez pour moi, faites-le pour la France, l’humanité et les droits de l’homme, » on obtient la recette de gauche du gloubi-boulga politique.

 » La différence idéologique entre droite et gauche n’a jamais été aussi marquée en France que dans les cantines des partis: la droite fait du pied aux industriels en lançant des yahourts pour déguiser une nouvelle subvention aux producteurs de lait, alors que la gauche se bat avec du miel liquide bio qui a l’avantage d’être doux, sucré et gluant comme ses idées, et de plaire aux écolos.

Notre expert en politologie moderne comparée décrypte pour vous le comportement des deux grands partis

Une seule figure ose le changement dans ces discours convenus, et mérite donc qu’on s’attarde sur elle (au figuré, petits saligauds, je suis sûr que vous n’êtes pas désespérés à ce point…), j’ai nommé notre NKM préférée, qui égaye les longues soirées d’été en criant partout qu’elle n’arrive pas à avoir ses parrainages et que c’est vraiment trop injuste. Rien de bien original pour l’instant, je vous l’accorde. Ca le devient presque quand son combat contre les gens qui ne sont pas gentils avec elle et ne veulent pas la parainer vire à l’argumentaire suivant « t’façons pour l’instant y’a pas de femmes à la primaire, c’est pas normal du tout du tout, on est 50% de l’humanité, donc rien que pour ça il faut que j’y sois, merde à la fin ». Ce qui m’amuse énormément, car un petit filtre anti-pipo traduit facilement le tout en « j’ai manifestement pas de charisme, pas de crédibilité, pas assez d’amis qui vont voter quand même pour moi, donc à la place faites-le parce je suis une femme, voilà. Non, je n’ai pas honte, pourquoi vous me demandez ça ? Comment ? A quoi je sers si personne ne veut de moi et ce de manière ostentatoire ? Maîtreeeeeeeeesse, ils sont vilains avec moi… ».

Et en attendant, rassurez-vous camarades, les joyeuses élucubrations que vous venez de lire resteront valables pour encore 3 mois + 3 mois + toute la vie en fait, on parle de politique. Ca ne mérite donc pas plus d’attention d’ici avril, bonne sieste.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s